L’Ecole mérite mieux !

L’Ecole ivoirienne a mal. Très mal. C’est ce que nous avons observé ces derniers jours. Avec des troubles dans plusieurs localités. Désormais, ce n’est plus la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) qui est l’instigatrice des conflits en milieux scolaire et universitaire. Les auteurs viennent d’ailleurs. A Zouan-hounien et à Duekoué, ils se nomment transporteurs. A Bouaké, ce sont les gardes pénitentiaires. A Zouan-Hounien, on n’a pas eu pitié d’un pauvre élève de 12 ans. Au point qu’il a été battu à mort. Pour s’être accroché sur un véhicule de transport. Acte qui, parait-il, n’a pas été commis par lui. C’est vraiment dommage ! A Duekoué, encore les transporteurs !

Quelles que soient les raisons évoquées, les transporteurs ne devaient pas incendier le lycée. Parce que c’est un bien public. Qui sert à tout le monde. Ceux mêmes qui ont posé cet acte sous l’effet de la colère, à défaut d’être allés à l’école, pour comprendre la nécessité d’un lycée, devraient savoir qu’ils peuvent avoir un enfant, un frère, une cousine, bref, un proche qui fréquente ou qui fréquentera ce lycée. Pour devenir un haut cadre de ce pays. Et faire la fierté, d’abord, de sa famille et ensuite du pays. On ne peut pas par simple esprit de vengeance mettre le feu à un lycée tout en sachant que c’est un lieu où se forment des futurs cadres de ce pays. On peut comprendre que ces transporteurs puissent en vouloir à des lycéens qui, dit-on, ont caillassé leurs véhicules lors d’une manifestation. Mais aller jusqu’à brûler le lycée ! C’est vraiment incongru. Parce que le lycée n’appartient pas aux lycéens. Ceux-ci ne sont que de passage. Pour ce qui est de Bouaké, c’est encore plus aberrant que des gardes pénitentiaires, eux chargés de sécurité, se livrent à un tel spectacle. Entrer au sein de l’Université 2 de Bouaké avec des armes au poing et s’adonner à cœur joie sur des étudiants en les violentant. Et pis, en tirant sur eux à balles réelles.

L’on est en droit de se demander ce qu’est devenu le pays d’Houphouët-Boigny. Ce sage qui, durant toute sa vie, a fait la promotion de la paix comme une seconde religion. Et le dialogue entre les enfants du pays un véritable sacerdoce. Des exemples que tout le monde doit suivre. A l’analyse de tous ces actes, on peut tout simplement dire que l’École ivoirienne mérite mieux. Mieux que ces derniers actes perpétrés sur les élèves à Zouan-Hounien, au Lycée de Duekoué et au sein de l’Université 2  de Bouaké. Il est donc temps que chacun se réveille. Parce qu’aujourd’hui, ce sont les transporteurs et les gardes pénitentiaires qui se sont acharnés sur les élèves et étudiants. Sans oublier que par le passé, d’autres forces de l’ordre, à tort ou à raison, faisaient la loi sur les universités. Pour disent-ils mettre de l’ordre. Demain, si l’on n’y prend garde, ce sera le tour des commerçants, mécaniciens, bouchers… Franchement, notre École mérite mieux !

Par Benoît Kadjo

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